56e rencontre du SCIJ, Marrakech-Oukaïmeden (Maroc) les images de la galerie
Première rencontre du SCIJ en Afrique, première aussi à se dérouler (partiellement) dans une ville de plusieurs millions d'habitants, et sans doute la toute première course de ski de fond jamais organisée sur le continent africain.
N'en jetez plus! La 56e rencontre du SCIJ a été celle de tous les superlatifs. Est-ce ce défi inhabituel qui a retenu les membres du SCIJ suisse à la maison? Ils n'étaient que quatre, en plus du président international Miguel Aquiso et du membre d'honneur Michel Rochat, à faire le déplacement de l'Atlas marocain du 23 au 30 janvier 2010.
En posant ses valises, ce samedi 23 janvier par un chaud soleil et une température agréable de 15°C, la délégation suisse hésite à se jeter à l'eau. Deux grandes piscines en plein air sont à disposition (un ou deux Suédois s'y risqueront!). Les deux premières journées sont consacrées aux visites touristiques, découvertes des souks (la palme du marchandage revient à Fritz Muri).
Lundi matin, une quarantaine de 4x4 grimpent en convoi les lacets de la route menant à l'Oukaïmeden (2600 mètres). Et là, stupeur! La neige est au rendez-vous, certes, mais en quantité apparemment insuffisante. Qu'importe: Pierre Nusslé et Bertrand Fischer établissent un plan secret pour s'assurer les meilleurs skis de location. Au lendemain d'une Soirée des Nations bien arrosée, le stratagème consiste à quitter l'hôtel en catimini tandis que les participants prennent leur déjeuner et attendent le bus qui les conduira chez le loueur de skis. Dans un salon de thé, Pierre et Bertrand se voient proposer des skis droits de la période Walliser-Figini, mais "pas cher". Ils trouvent enfin le meilleur magasin et, avec force persuasion et salamalèques, s'assurent les bons offices d'un serviceman privé...
La journée de ski libre est fabuleuse. Télésiège grimpant jusqu'à 3300 mètres, vue sur le djebel Toubkal (4200 m), plus haut sommet de l'Afrique du Nord, et piste non damée digne du départ du pic Chaussy de la belle époque. Mais les semelles des skis crient misère avec tous ces cailloux sur la piste. En soirée, le serviceman entrera en action...
Course ou pas course? Les techniciens de la Sierra Nevada sont pros jusqu'au bout des ongles. Malgré le manque d'enneigement, le slalom géant et le ski de fond pourront se courir sans anicroche, et sous un soleil radieux. Surtout, c'est le charme de ce village de montagne berbère, transformé en station de ski par les Français au siècle dernier, qui marque tous les esprits. Le sens de l'accueil berbère n'est pas une vaine formule.
De retour à Marrakech, les participants rencontreront notamment un ministre de la Communication du gouvernement marocain, membre d'un parti d'opposition (le PPS), qui raconte sans embage ses années de lutte contre la monarchie sous le roi Hassan II, dans les années 70. Les journalistes présents n'en croient pas leurs oreilles. Ce pays réussirait-il donc à marcher vers la démocratie? La question trouble certains esprits: ne serait-ce pas "le monde à l'envers"?
Lors de l'Assemblée générale, la Suisse parvient à faire réélire son président international: Miguel Aquiso remporte 18 voix (contre 15 pour Frederick Wallace) et garde la barre pour quatre ans.
En termes de médailles, la délégation suisse ne ramène pas une moisson. Deux médailles de bronze (slalom géant et combiné juniors) pour Bertrand Fischer, alors que Miguel Aquiso réussit l'exploit malheureux de terminer trois fois quatrième! On fera mieux la prochaine fois!
Bertrand Fischer
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